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Full text of "Le Gloria in excelsis du peuple : auquel on a joint l’Epitre"

L E 
GLORIA IN EXCELSIS 

DU PEUPLE (i), 

Auquel on a joint TE pitre & 
l'E v a n g i l e du jour , 

AVEC 

LA REFLEXION ET LA COLLECTE; 

Augmenté d'une Lettre à V Auteur du Projet 
de Soufcrïption pour ériger un Monument 
àLouisXVL ' 

1785;. 

mm ■■■■■■ ii < m ■ 1 ■ » 

(1) Puifque le Peuple y a, 



Digitized by the Internet Archive 
in 2013 



http://archive.org/details/leglolsOOcord 



GLORIA IN EXCELSIS. 



vXl oire au ROI, honneur à fes Minières : 
& paix aux bons Citoyens ! 

Digne SuccefTeur de Henri, nous vous louons, 
nous vous bénifïbns, nous vous glorifions, nous 
vous rendons grâces à la vue de la gloire dont 
vous jouifiez déjà , & de celle dont vous êtes 
fur le point de vous couronner. 

Vous qui êtes afîis à la droite du Trône, 
protégez-nous. 

Vous qui avez refufé de fïgner le fameux 
Mémoire, protégez-nous. 

Vous qui , par votre intelligence & votre 
noble défmtérefTement , réparez, autant qu'il eft 
en vous, les bévues de vos PrédécefTeurs , ayez 
pitié de nous ; continuez à dire la vérité à 
celui qui eft digne de l'entendre ; & puiffe 
(en dépit des envieux) votre bonheur & celui 
de la Nation Françaife être le fruit de vos 
travaux, & le fceau de votre gloire ! 

Ainfi foi t- il. 



( 4 ) 
E P I T R E. 

JVIes Frères : la Nobleffe dont vous vous 
glorifiez vous vient de vos Pères, & vos Pères 
ne l'ont acquife que par leur dévouement à la 
Patrie. Or, ce dévouement confifte dans le facri- 
fice volontaire de fa perfonne & de fes biens. 
Si donc vous ne vous fentez pas capables de ce 
généreux effort, renoncez de vous-mêmes à la 
Nobleffe, de crainte que celui qui voit tout , 
ne vous contraigne à quitter le nom. de votre 
Père , en difant que vous le déshonorez. 

Je vous dis ces chofes , mes chers Frères, afin 
que votre ame ne fe laifTe pas dominer par une 
ambition ridicule, ni votre coeur par un intérêt 
iordide : car rien n'eft plus oppofé à la véritable 
gloire. 

C'eft pourquoi, fi vous m'en croyez, mes 
chers Frères, vous renoncerez dès ce moment 
au luxe, qui fuppofe le défaut de mérite; au 
jeu, qui eft la marque d'un efprit borné; & 
aux impures, dont le goût prouve famour de 
la crapule. Et par ce moyen , vous acquitterez 
facilement, & vos dettes, & celles de l'Etat; 
& la paix & la fantç vous, feront données comme 
par furcroît. 



(s) 

EVANGILE. 

XliN ce temps-là les Roturiers dirent aux Nobles : 
jufqu'ici nous vous avons nourris , nous vous 
avons vêtus, nous vous avons fervis ; & pour 
récompenfe, les trois quarts d entre vous nous 
ont méprifés , nous ont haïs , nous ont fait 
banqueroute ; & fouvent même profitant de 
l'avantage du nombre , il nous ont fait charger 
de coups. Cependant, en vérité, en vérité, 
nous vous le difons, un temps viendra, auquel 
l'Envoyé de Dieu rétablira l'égalité parmi les 
Hommes : car étant tous nés d'un même Père, 
il n'eft pas jufte que ceux qui fement le plus 
récoltent le moins , ni qu'une poignée de fufli- 
fans regorgent de fuperfluités , lorfque leurs 
Frères pérififent de befoin. 

■f. Ter Evangellca dicta deleatur mijeria 
noflra, 

j^. Amen* 

REFLEXION. 

VjET Evangile nous apprend que rojfer fes 
Créanciers n'eft pas les payer ; que les mots 
Qualité & Condition ne font pas fynonymes ; 



t(6) 

que la nullité la plus abfolue ne peut jamais 
fervir de titre à la confédération publicue; & 
qu'en de'pit de la NoblefTe la plus 'éclatante, 
l'Homme, quel qu'il puifTe être, n'eft jamais 
que le fils de fes oeuvres. 



COLLECTE. 

ueigneur, qui le premier avez donné 
l'exemple des facrifices , en fupprimant la majeure 
partie de votre Maifon , daigiftz infpirer vos 
fentimens à tous les Inutiles qui vous entourent, 
& qui vous admirant fans cefle, ne vous imitent 
jamais. 

Nous vous en fupplions au nom du Laboureur, 
de l'Artifan & du Soldat; vous qui étant notre 
Père à tous , êtes G digne de vivre & de régnes 
dans tous les fiècles des fiècles. 

Ainfi foit-il. 



( 7 ) 

Lettre à P Auteur du Projet de S ouf" 
cription, pour ériger un Monument . 
à Louis XV L. 

X o u T bon Citoyen , Moniteur, doit applau- 
dir à votre Projet de confacrer, au fein de la 
Capitale, l'amour de la Nation pour fon Roi. 
Mais je ne choifirois pas le Carroufel, qui fera 
toujours un pafïage traverfé par les voitures , 
plutôt qu'une place où fe rafïemblent les ci- 
toyens ; peut-être même ne fera-ce un jour 
qu'une cour de Château, lorfqu'on effectuera 
le fuperbe Projet de réunir le Louvre aux 
Tuileries, du côté de la rue Saint-Honoré , 
comme il l'eft déjà du côté des quais. 

Je voudrois, de plus, que la confécration du 
Monument fût motivée par des confédérations 
qui n'eufient rien de commun avec les Rois , 
prédécefTeurs de Louis XVI ; telles que la fer- 
vitude abolie, la protection accordée au Tiers- 
Etat, &c. 

Ce qui doit le caractérifer entre tous nos 
Souverains , c'efl la deftruclion 6qs prifons 
d'Etat, & la ceffation des lettres-de-cachet. 
Le Château Trompette & le Donjon de Vin- 



C 8 ) 
cennes, ne répètent déjà plus les cris des maî-* 
heureufes victimes du defpotifme : bientôt fera 
renverfée cette Baftille, l'effroi du Peuple & la 
honte du Trône ! \' * 

Eh bien ! Monfieur , l'emplacemej- de ce 
Château effc précifément le local que .j'adop- 
terois, pour dédier une place à notre bon 
Roi. Au milieu d'une vafte enceinte, j'amon- 
ceîerois dirTérens débris de chaînes , de ver- 
rous, de créneaux, de herfes de ponts-levis; 
& fur cet amas réuni fans aucun ordre appa- 
rent, s'éleveroit la ftatue du Monarque, qui, 
le bras étendu vers un refte de vieille tour, 
fembleroit en ordonner l'entière démolition ; 
au pied de la ftatue, on liroit ces mots : A 
Louis XVI, Deftructeur des Prifons d'Etat. 

J'ai l'honneur , &c. 



L E 

CREDO 

DE LA NOBLESSE^), 

A V È C 

LES NOTES DU TIERS: 

Le tout terminé par des Litanies. 

Par l'Auteur du Gloria in excelfis. 

Î789, 



(*) Prendre ici ce iubftantif d'une manière col- 
lective , feroit fe mectre à plaifir à plus de cent 
lieues de Fefprit dePAuteur. Les articles que contient 
le Credo ne regardent absolument, foit en tout , foit 
en partie , que ceux par qui ces mêmes articles 
feront adoptés. 

A 



CREDO 

DE LA NOBLESSE. 



(3) 



NOTES 

DU TIERS. 



Nous croyons en la JNIous de même. 

puiflance du Roi ; nous 

efpérons en fa bonté , 

& nous réclamons fa 

j«ftice. 



Nous croyons le Mi- 
niftre dont notre Mo- 
narque a fait choix , 
très -prudent & trés- 
fage ; mais il eft homme 
comme nous , par con- 
féquent fujet à l'erreur 
comme nous. 



Nous croyons le Mi- 
niftrc dont notre Mo- 
narque a fait choix , 
très - prudent ôc très- 
fage ; nous l'aimons , 
nous le chcriflbns, ncus 
dirions prefque nous l'a- 
dorons , & le tout fans 
mais. 

Aurefte, fi, par mal- 
heur , à force d'intri- 
gue &: de foupleife , on 
parvenoit à l'écarter de 
fes principes , nous gé- 
mirions de l'inconftance 
de fan efprit, fans jamais 
foupçonner fon cœur. 
G en tiï fait ; il eft', &c 
Aij 



(4 



€ R £ D a 



Nous croyons que 
l'on a mal fait de révé- 
ler au Peuple le fecret 
de l'Etat. 

Il eft des circonftan- 
ces.... 



Nous croyons que la 
répartition des Impôts , 



NOTES. 

pour toujours , l'ami du 
bon Per.ple dont Louis 
XVI eft le Père. 

Si l'on n'eût jamais 
eu de fecret pour le 
Peuple , il n'y auroit 
pas de déficit aujour- 
d'hui, 

11 n'y a circonftance 
<pi tienne. LVbfcurité 
ne doit jamais être que 
le repaire du vice. Si 
chaque année , chaque 
Miniltre fe préilntoit 
au Public , fon compte 
rendu à la main , il v a 
tout à préfumer que , 
fous un Prince aufli 
économe que le nôtre , 
la France auroit au fer- 
vice de l'Etranger tout 
l'or qu'elle eft forcée 
d'emprunter de lui. 

Cela fera curieux. 



(5) 
CREDO. NOTE S, 

loin ci erre d'une utilité 
manifefte au Peuple , ne 
peut lui devenir que très- 
préjudiciable , 6c nous 
allons le prouver. 

Nous difons donc que Ce qui eau fe les ré- 

fi on met le Peuple dans volïes , c'eft l'ambition 

1 abondance , il refuferà &: l'inquiétude des 

de travailler ; il devien- Grands d'un Etat , 

cra fier , indocile , 6c quand on leur a donné 

fera toujours prêt: à fe trop de licence , £<: 

révolter. qu'on a faifljç leurs ï>à(- 

Ces paroles pleines lions s'étendre ians bor- 
de fagefie , que confirme nés. C'en la multitude 
■l'expérience , & qu'il des Grands 6c des Pc- 
faudroit être hors de tit* (l) quivivent d&ns 
fens pour combattre , la molle fîe , dans le 
font tirées mot à mot luxe 6c dans Poiiiveté ; 
de l'Ouvrage immor- c'eft la trop grande 
tel de l'Archevêque de abondance d hommes 
Cambray* adonnés à la guerre ? 

qui ont négligé toutes 

(i) Eu fait de Petits , il eft bon d'bbfei -ver , en pn fT;i ne , 
qu'il n'y en a guère de plus oififs que ceux qui font à la fuite 
è<èt Grands, 

A n\ 



(O 
CREDO. NOTES. 

les occupations utiles , 
qu'il faut prendre en 
temps de paix. Voilà 
ce qui caufe les révol- 
tes , fk non pas le pain 
qu'on lailfë manger au 
Laboureur après qu'il 
l'a gagné à la fueur de 
fon vifage (i). 

M i — ■ ■ 

(0 Nous ajouterons de plus , avec RoufTeau : «< Il ne furfit 
•• pas que le Peuple ait du pa r n , & vive d-uis fa condition , 
a» il faut qu'il y vive agréablement , afin qu'il en rernpHfïc 
•• nreux les devoirs, qu'il fe tourmente moins pour en fortir , 
•s & que l'ordre public foit mieus établi. Les bonnes moeurs 
*» tiennent plus qu'on ne penfe à ce que chacun fe ricane dans 
»> fon état. Le imnége & l'efpnt d'intrigue viennent d'in- 
» quiétude & de mécontentement : tout va mal qnand l'un 
» afpire à l'emploi de l'autre. Ii faut aimer fon métier pour le 
» faire «. 

Et un peu plus bas. 

« Si le Peuple n'a de temps que pour gagner fon pain , tant- 
» pis j ii lui en faut encore pour le manger avec joie * autie- 
*> ment , il ne le gagnera pas long-temps. Ce Dieu j fte 8c 
» bien fai Tant qui veut qu'il s'occupe , vtut aufli qu'il fe dé- 
»> laffe. La Mature lui impofe également l'exercice Se le repos, 
•» le plaifir & la pçïr e. 

» Le dégoût du travail accable plus les malheureux , que 
*» le travail même >•. 



CREDO. 



(7) 

NOTES. 

Ces paroles pleines, 
de fageflè, que confirme 
l'expérience , 6<r qu'il 
faudroit être hors de 
fcns pour combattre, 
font tirées mot à mot 
de l'Ouvrage immor- 
tel de l'Archevêque de 
Cambray. 

Vos Privilèges font 



Nous cfpérons que , 
quoi qu'il puiiïe arriver, 
on refpectcra nos Pri- à la brèche 
vilé^es. 



de monter les premiers 



Nos immunités. 



Les immunités oc- 
troyées à vos glorieux 
Ancêtres ,. en récom- 
penie des facrifices 
qu'ils ont faits pour le 
faiut de l'Etat , ne vous 
appartiennent pas plu* 
qu'au dernier d'entre 
nous. La rente étoit 
viagère, & a dû retour- 
ner de plein droit à 
telui qui- la Faifoic, après 
A iv 



(S) 

CREDO. NOTES. 

le décès de celui à qui 
elle étoit faites à moins, 
cependant, que le me-* 
rite perfonnel des en- 
fans ne leur fafîe con- 
férer les anciens titres 
de leurs pères. 

Nos droits* Ceci cft une autre 

affaire. Si vos droits 
font légitimes , il y a 
tout à pré fumer que , 
loin de chercher à les 
détruire , les Etats Gé- 
néraux semprefferont 
de vous confirmer dans 
leur poTelîion , s'il en 
eft bc(oin. 

C'eft dans cette con- Si vous daignez vous 

fiance que nous atten- y prêter , nous croyons 

dons la venue des Etats, fermement que rien ne 

Puiflent-ils , aiîèmblés fera plus facile : au 

pour la fatisfaélion com- fnrplus , nous femmes 

mune , rendre tout le intimement perfuadés 

monde content ! qu à cette mémorable 

époque , vous vous 

Àinfi foit-iL conduirez tous en Ci- 



(?) 

CREDO. NOTES. 

toyens , en François , 
en Gentilshommes , 6c 
que vous prouverez à 
la Roture que la No- 
blefle neft jamais un 
vain titre. 

Ainfi foit-il. 



P R 1 E R E. (i) 

Seigneur , 

Vos très-humbles Sujets du Tiers- Etat vous 
fupplient de vouloir reconnoître &" récompenier 
ceux qui vous ont fait , éV à vos prédécciTeurs , 
fervices notables es guerres qui fe font ufFert.es , 
non des deniers que la vraie Noblefîe ne doit 
afFe&er fordidement , e» ce temps auquel elle 
voit fon Prince en avoir fi grandement affaire , 
que tout le Peuple en fouffre &: endure ; mais 
en degré d'honneur , félon que leurs fervices 
cv vertus le méritent. 

( i ) Cette Prière , qui fut adreflTée au Roi par 



(lo) 
nos Pcres , lors de la tenue des Etats à Blcis , ma 

paru fi conforme aux circonftances ,que je n'ai 

pas cru devoir y rien changer. 



LES LITANIES 

DU PEUPLE. 



jeigneur (i), ayez pitié de nous. 
Seigneur, ayez pitié de nous. 
Seigneur, écoutez-nous. 
Seigneur , exaucez nous. 
Roi , plein de bonté , ayez pitié de nous. • 
Roi , plein de clémence , ayez pitié de nom* 
Pvoi , plein de juftice , ayez pitié de nous. 
R.oi , plein d'humanité , ayez pitié de nous. 
Roi , ami de la paix , ayez pitié de nous. 
Roi , ami de la loi , ayez pitié de nous. 
Roi , ami de l'ordre , ayez pitié de nous. 
Roi , ami de la vérité (z) , ayez pitié de nous. 

(i) Si les Sujets prennent ce titre, je crois que, fans crainte 
de glotè , on p:ut le donner à leur Maître. 

(x) Il eft difficile de s'occuper de celui qui l'entend fans 
penfer à celui qui la dit. Le nom de Henri rappelle toujours 

celui de Sulli Genève! Genève! que tu «fois être fîèrç 

d'avoir produit un pareil Citoyen ! 



> 

N 



3 
O 

c 



Au nom de votre augufte Compagne , 
Au nom de vos Enfans , 
Au nom de l'amour que nous vous portons , ■ 
Vous qui abhorrez la tyrannie , 
Vous qui abhorrez la flatterie , 
Vous qui avez réfifté à la réduction , 
Vous qui êtes demeuré ferme dans votre réfo- 
lution (3). 



(3) En rendant au Miniftre le tribut d'éloges que méri- 
tent fa fermeté & fa noble confiance , l'on n'oublie pas dans 
la Capitale, &,l'on n'oubliera pas dans les Provinces 3 que 
c'eft au Roi qu'elles doivent principalement le grand bien- 
fait d'être comptées pour quelque chofe dans rAlTemblée de 
la Nation. Il falloit fans doute , de la part du Souverain , 
un grand nerf dans le caractère , une perfévérance peu com- 
mune à fermer l'oreille aux infinuations les plus adroites , aux 
follicitations les plus piefîantes > pour préférer le parti du 
Peuple à celui que le plus grand nombre des Princes de fon 
Sang, des Grands , &c. &c. &c. lui préfentoient comme le 
feul jufte & le feul légal. 

C'eft donc à la fagelTe du Roi que la France cft redevable 
da la décifîon favorable qui calme toutes fes craintes ; Se 
la Reine , loin de contrarier ces difpofitions , eu a hâté le 
développement par fes inftances. 

Cet extrait , quoique tiré d'une Gazerte, nous paroît trop 
bien peindre nos Souverains pour être apocripbe : il eft vrai > 
& vrai de toute vérité ; notre cœur en eft garant. 



(13) 
Delà misère , préfervez-nous, Seigneur. 3* 

Du dcfefpoir , jip 

Du malheur de vous déplaire , ? 

De la puiffance des hobereaux (4) , | 

De la faillie politique (5). S" 

Daignez , Seigneur , vous oppofer aux progrès du 

luxe ; nous vous en fupplions (6). 
Ordonner la refidence (7) i nous vous en fnppl. 
Rendre la pluralité d^s Charges (8) incompatibles, 



(4.) Hobereaux, Seigneurs de campagne, valets a la 
Cour , qui ne font pas honteux d'exiger les corvées les plus 
révoltantes de leurs malheureux VafTaux. Priez Dieu , victi- 
mes infortunées, pour la confervatiou de notre jeune Roi, 
Se pour la liberté de la PreflV. L'abondance 8c la joie ne fe 
font pas envolées fans efpoir de retour. 

(y) C'eic l'art d'aflervir les hommes en les trompant, Se 
de fournir aux ambitieux les moyens d'être injuftes par prin- 
cipes , & d'étayer de bonnes raifons leur mauvaife caufe. 

(O Quelque chofe que l'on puifTe avancer pour le luxe , 
en faveur du commerce , le luxe eft l'ennemi mortel des 
mœurs , & cela feul doit fumre pour le faire réprouver , 
autant du moins que faire fe peut. 

(7) Le moyen le plus néceflaire pour éluder la réfîdence , 
eft d'acheter une charge à la Cour. Un abus eft prefque 
toujours la fource d'un ou âz plùfîeûr's autres. 

(8) Je fais à merveille que les intérefîés à la chofe nç 
manqueront pas de dire que ces Charges font le prix de leur 



( 14) 
Nous accorder la liberté de la PreiTe (9) ; nous 

vous en fupplions , Seigneur. 
Supprimer les Lettres-de- cachet (10) > nous vous 

en fuppiions , Seigneur. 

Ainfi foit-il. 



argent. Il vsudroit bien mieux qu'elles le furent de leurs 
bonnes actions. Sx le bonheur de voir, d'approcher, de 
fervir Ton Prince , cft le partage de la richeife , quelle fera 
déformais la récompenfe de la vertu ? 

Hommes pécunkux , votre place eftà la Bourfe, & ce lia* 
des gens de mérite dcvroii être à la Cour. 

(9) Jepenfe qu'au terme où en font les chofes, il n'y a que 
la liberté de la Preife & la liberté la plus abfolue , qui puiiîc 
épurer nos mœurs. Je crois bien qu'auprès des (impies les 
plus falutaires naîtront quelques plantes vénéneufes : mais 
qu'y faire ? Le plus beau jardin botanique contient de la 
ciguë. Mais fi les Ecrivains fe permettent des perfonnalités 
odieufes j femblable à une épée , il l'imprimerie fert à atta- 
quer , elle fert aufli à défendre. Mais , l'Anonyme ? l'Ano- 
nyme cft rarement craint de celui qui ne le mérite pas. D'ail- 
leurs , fi par hafard il arrive qu'il lui foit adretfe , fa con- 
duite eft la réponfe. 

(10) Sans la fupprefïion des lettres- de-cachet , point de 
PreiTe i fans la PreiTe , point de liberté $ fans liberté point de 
régénération. Peut-être fuis-je dans l'erreur , mais fi je m'y 
fuis mis , c'eft en cherchant la vérité y auprès de tout bon 
Patriote , mon intention fera mon exeufe. 



(•lî 



PRIERE. 

OEIgneur , ces demandes font celles du Peuple 
que vous avez bien voulu prendre fous votre 
protection , d'une manière fi fpéciale. Daignez , 
Seigneur , pefer ces demandes dans votre fagefle , 
&: les lui accorder , fi vous les croyez propre* 
à affurer fon bonheur ; 

Vous qui , étant notre Père à tous , êtes G 
digne de vivre cV de régner dans tous les fiècîes 
des fiècles, 

Ainfi foie il. 



>▼ 





r.